REMANENCE est un roman captivant et haletant que j'ai eu du mal à lâcher.
Je me suis pris une vraie claque.
D'abord, j'ai découvert une plume concise et efficace qui happe le lecteur. Avec un soupçon de finesse et beaucoup d'authenticité.
Au fil des pages, j'ai rencontré des personnages crédibles et touchants, dont le quotidien, la vie et les émotions sonnent justes.
L'auteure est très forte pour mettre en scène ses protagonistes et tisser la trame d'une histoire qui les relie.
Enfin, hormis divers thèmes qui peuvent parler à tout le monde - le deuil, l'absence, l'amour, l'amitié... - le roman met en lumière une affaire d'état "oubliée", cachée: celle des enfants de le Creuse.
=> De 1962 à 1984, au moins 2 150 enfants réunionnais relevant de l'Aide sociale à l'enfance ont été transférés dans les départements métropolitains sujets à l'exode rural (notamment la Creuse), dans le cadre de la politique de migration, et ce dans des conditions floues. On leur promettait une vie meilleure, mais l'expérience s'est an majorité résumée à une déportation et à de l'esclavage déguisé...
Sous sa plume habile, Sèverine offre un coup de projecteur sur cette affaire sordide. Avec une mise en abyme produite par les recherches d'une de ses protagonistes: une journaliste qui fouille dans ce passé obscur et s'attire les ennuis.
J'ai découvert cet épisode peu reluisant de l'histoire française avec ce roman. La façon dont l'affaire est amenée est super intéressante. À l'instar de son héroïne journaliste, on sent que l'auteure a fait un travail de recherches de dingue.
Au-delà de ce sujet sensible, la relation entre les personnages est parfaite, humaine. Leurs émotions sont réelles. L'immersion est totale.
Cette lecture addictive m'a ramenée trente ans en arrière quand j'ai lu "La nuit du renard" de la reine du suspense, Mary Higgins Clarke.
J'ai retrouvé les mêmes sensations, la même soif de découvrir la suite, la même admiration face au puzzle dont les pièces s'emboîtent progressivement.
Bravo!