Bastien Lebis


Photo de Bastien Lebis

Un rêve de môme logé dans le crâne, sans trop savoir d'où il vient. Il reste. Dure. S'obstine. Puis un poème écorné. Une tentative de poésie, gribouillée sur le coin d'un cahier de brouillon. Au crayon à papier. Gommée et gommée. Pour être ratée. Ratée ? 
Quelques essais plus tard, voici l'entêtement qui prend la relève. L'écriture broie le ventre. Pour dire les choses que ce gamin adolescent ne comprend pas encore, et celles dont il s'offusque. Pour témoigner du monde, à l'instant d'une pensée. Aussi fugitive que lui. Un coup de sifflet, les jambes et les tibias et les mollets démarrent et il regarde le spectacle des corps efforcés s'achever : cent mètres plus loin. Pour retourner sur la ligne de départ, essoufflés. 
La réalité des adultes, mur blanc et crépi émietté. Klaxons dans les oreilles. Forer les tympans, atteindre les idées des gens. Assourdir les cerveaux. Un clavier a repris la relève mécanique. Comme les cernes. La fatigue du bout des pieds. Tassés dans un verre d'eau qui vomit la nuit et dans un fauteuil geignard. Dormir pour se lever et s'endormir debout. Céder aux caprices du « réveille-toi c'est l'heure d'y aller » et sois en retard, pour l'amour des horloges. Puis fouler la foule des métros ; épaules contre épaules. D'haleine en haleine. Silence sur silence. Juste une radio trop aiguë.
Au jour le jour, ouvrir les yeux et s'imaginer les visages vivre.

Publications Alter Real

Les bouches rient de moi

Qu'il y a-t-il derrière ces murs ? Ces murs de ciment sans fenêtres. Sans rien pour voir à travers, et ce silence machinal. N'entre pas par la porte, viens ici. (voir plus)